Encore le racisme à l’ordre du jour du Conseil Municipal de Vaulx, la consistance des mots pour cacher l’inconsistance des actes….

Le prochain Conseil Municipal se tiendra le jeudi 29 octobre et une fois encore, les oppositions de droite comme de gauche ne siègeront pas. Contrairement, à ce que j’ai pu lire ici ou là, il ne s’agit nullement pour notre groupe d’une position d’attente d’une décision de justice qui mène ses procédures à un rythme qui lui est propre, position d’attente qui est plutôt celle de la Maire qui préfère attendre que la justice établisse son verdict pour savoir si une sanction politique doit être prononcée. Si nous n’attendons pas la décision de justice, c’est que, dans le cas qui nous intéresse, il n’y a aucune contestation sur les faits eux-mêmes, ce que la justice aurait pu être amenée à éclairer dans des cas de litiges justifiant une attente. La justice ne doit ainsi se prononcer ici non sur les faits mais pour savoir si ceux-ci méritent une sanction juridique. De la même façon, les élus doivent se positionner sur les faits et décidés par eux-mêmes si ceux-ci méritent ou non une sanction politique. Cette distinction se comprend aisément lorsque l’on reprend le débat sur le cas Thevenoud par exemple pour lequel il y a une claire distinction entre sanction juridique, rien de ce qu’il a fait dans ce cas est illégale, et politique, ce qu’il a fait nuit à une  éthique de la politique et son départ du gouvernement est essentiel. Ce qu’attendent les élus de la Maire, c’est une sanction politique et c’est cela qui attise leur colère aujourd’hui.

Dans le cas qui nous intéresse, nous regrettons non seulement l’absence de sanction politique mais en plus la surenchère permanente que fait Mme la Maire et la fuite en avant qu’elle conduit. Au dernier Conseil Municipal, nous nous sommes offusqués qu’après la sanction disciplinaire donnée par le PS, qui a permis de construire un arc républicain de contestation, elle n’ait encore une fois pas réagit et a laissé à M. Chekhab son statut d’adjoint même sans délégation. Aujourd’hui, nous n’assisterons pas au Conseil car nous nous offusquons que cette fois-ci, Mme la Maire a non seulement décidé de promouvoir son adjoint en lui redonnant le sport et en élargissant son champ de compétences mais en plus, elle a décidé de provoquer encore un peu plus en présentant un plan de lutte contre le racisme alors même qu’elle a été incapable de gérer avec droiture une situation pourtant simple et pour lequel n’importe quel Maire aurait réagi avec fermeté.

Comment venir dans un conseil où il faut encore une fois débattre d’un sujet aussi grave mais traité pourtant avec tant d’inconsistance par Madame la Maire ? Comment débattre sérieusement d’un plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme qui sonne si faux dans le contexte de l’affaire Chekhab que cela en frôle le ridicule ? Ce plan représente une inconsistante manœuvre politique qui ne trompe personne pour tenter de se disculper d’un acte raciste que Madame la Maire a refusé de sanctionner.

Un Plan, cela ne doit ainsi jamais être que des mots qui font jolis et font plaisirs uniquement à ceux qui les prononcent mais qui ne se traduisent jamais en acte.  Prenons un exemple. Il est écrit dans ce plan « En matière de discriminations racistes ou de faits racistes ou antisémites, il faut accompagner les victimes au-delà des procédures judiciaires. (…) Là encore, la proximité constitue un atout essentiel pour que chaque victime puisse obtenir réparation, (…) avec toutes les formes de réparation symbolique ». Oui, mais voilà, Madame la Maire a refusé d’accompagner la victime au-delà de la procédure judiciaire et d’accorder la moindre  réparation fut ce-t-elle symbolique. Plutôt que d’accompagner la victime en sanctionnant l’agresseur, elle a préféré accompagné l’agresseur en lui accordant une belle promotion.

Les axes de travail comme Les X conventions signées ne sont d’ailleurs rien d’autre qu’un ensemble d’intentions sans grand intérêt. Elles sont souvent bâclées, avec quelques copier-coller grossiers, et se traduisent rarement par des actions concrètes. Manifestement, la quantité a semblé plus importante que la qualité. Elles ne développent ni analyse en profondeur du problème, ni ne proposent de solutions qui cherchent à traiter réellement une question aussi délicate. Pour tous ceux qui douteraient du côté artificiel de ce plan, intéressons-nous un instant à sa première action concrète déjà réalisée. L’exemple me semble particulièrement parlant et significatif, bien plus que quelques bouts de papier signés. Sur sa page Facebook, M. Chekhab, nouvel adjoint en charge de la lutte contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme a mis la photo d’une exposition qui se déroule dans un centre social. On y voit une jeune fille et en arrière fond un tableau avec une inscription « Les Arabes sont des sémites. Ils sont victimes de l’antisémitisme ». Bien sûr, si l’erreur ne peut être reproché à cette jeune fille, on aurait probablement dû attendre de M. l’adjoint qu’avant de mettre cette photo, symbole pourtant de la nouvelle page de l’histoire qu’il veut écrire, qu’il lui suggère de prendre un dictionnaire pour lire la définition du terme « Antisémitisme » dont il est aujourd’hui pourtant accusé. Dans le petit Robert, par exemple, ils auraient pu lire ensemble cette définition « Racisme dirigé contre les Juifs ». En Français, le terme « antisémitisme » ne s’adresse pas à l’ensemble des peuples « sémites » pas plus qu’antiaméricanisme ne s’applique d’ailleurs à l’ensemble des peuples du continent américain mais seulement à certains d’entre eux. Ce terme a d’ailleurs une histoire surprenante qu’il est intéressant de connaître et de comprendre pour mieux en saisir les spécificités mais aussi les tensions. L’erreur en soit peut paraître anecdotique et souvent faite, sauf qu’elle pose un problème de fond qui est pourtant au cœur de la question de ce plan qui a suivi un acte antisémite, la mise à l’écart de la question du racisme qui s’applique aux juifs et l’absence de réelle prise de conscience du problème de l’ex-futur adjoint aux sports qui préfère se positionner en victime qu’en coupable demandant réparation.

Je ne dis pas, et mon expérience à Vaulx me prouve le contraire, qu’à Vaulx l’antisémitisme est fort. C’est d’ailleurs une forte divergence de vue que j’ai avec la LICRA convaincue que cette ville est un repère d’antisémitisme. Depuis 20 ans que je suis dans cette ville, que je m’expose en tant que personnalité politique, que je vais dans les clubs, dans les écoles, dans les collèges, je n’ai été victime que deux fois d’insultes antisémites, et c’est tant mieux car je crois sincèrement que la très grande majorité des Vaudais sont des personnes ouvertes d’esprit et loin de l’image que l’on véhicule trop souvent sur eux. Pour autant, je note que ces deux fois sont relativement proches et récentes et qu’il faut redoubler de vigilance car les choses peuvent changer.

Mettre en place un véritable plan de lutte contre le racisme sous toutes ces formes est donc absolument essentiel. Mais à condition d’abord de réfléchir à ce que les termes signifient et aux actions concrètes que l’on peut conduire pour l’endiguer. Ce plan est d’autant plus indispensable que trop de Vaudais sont victimes de racisme et que cela a des conséquences à la fois dans la fragilisation du lien social que cela peut susciter mais aussi dans toute les formes de discrimination que cela peut impliquer à commencer par la discrimination à l’embauche.

Bien évidemment, le problème n’est pas nouveau à Vaulx et des actions ont déjà été conduites. J’ai moi-même conduit un plan de lutte contre le racisme dans le sport dès 2001, au moment de ma prise de fonction, qui s’est traduit par plusieurs actions concrètes. Marie-Georges Buffet alors Ministre des sports était venu à Vaulx et un recensement des faits constatés lui avait été remis. Une lettre ouverte a été rédigée avec les clubs que j’ai envoyée à toutes les fédérations sportives dont voici un extrait : « « Les arbitres doivent arrêter de fermer les oreilles lorsque des propos racistes sont tenus par des joueurs ou par des spectateurs » ; « Il faut que ce type d’acte puisse être consigné dans les réserves après un match et pris en compte par les arbitres et les fédérations comme ils le font pour des actes de violence physique. » ; « nos clubs ne doivent plus être catalogués « à risque », et sous prétexte qu’ils viennent de banlieue, les fédérations ne doivent pas former des poules enfermant ces clubs entre eux ».  « Les arbitres agissent immédiatement au moindre acte de violence physique, et ils ont raison, mais ils ne doivent pas oublier que les mots sont également des armes dangereuses et doivent aussi être condamnés lorsqu’ils sont racistes. » .  Plusieurs autres actions avaient été réalisées d’une part afin de libérer la parole des victimes (des jeunes avaient faits par exemple une série de sketch au gala des sportifs pour raconter ce qui leur était arrivé) et de réagir immédiatement à toute parole raciste à partir d’un système d’alerte et une demande de sanction.

L’insulte raciste est un acte violent et doit être condamnée immédiatement comme tous les actes violents. Nous étions au moins tous d’accord sur un point, la sanction doit être forte et immédiate. C’est le premier levier de lutte contre le racisme, sanctionner tout propos raciste (sans avoir à attendre la justice). Ces actions ont eu des effets positifs sans pour autant faire disparaître le problème. Les sanctions ont largement contribué à faire diminuer ce type d’actes.

On en revient donc toujours au point de départ. Dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la sanction de l’acte raciste est essentielle pour montrer que notre société à des règles à ne pas transgresser. Une fois l’interdit posé, on peut entrer dans un travail plus pédagogique sur la compréhension de ces règles et leur appropriation. C’est une vision politique très différente de celle de Mme la Maire. En refusant de sanctionner un élu, Mme Geoffroy donne  le sentiment non seulement que la sanction est inutile mais aussi que les élus ont une impunité plus forte que les citoyens. Il s’agit là d’une posture aux conséquences désastreuses.

Quant à savoir quand nous reviendrons au Conseil Municipal, reprendre notre légitime place d’opposant, c’est un débat qui aura lieu avant chaque Conseil au sein de chaque groupe et qui n’a pas de lien, pour notre groupe, avec l’attente d’une sanction juridique.

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De l’Ancien au nouveau Régime, la Révolution a-t-elle commencé ?

Depuis quelques temps, on voit surgir dans le débat venant de personnes de la majorité municipale ou de personnes qui leur sont proches l’idée que leur arrivée permet de sonner la fin de l’ancien « Régime », celui de l’ère Genin ou Charrier, voire de toute l’ère communiste. Ainsi, la dernière tribune du nouvel adjoint au Personnel s’est positionnée sur ce registre en évoquant l’ancien régime que les Vaudais auraient « congédié ceux qui, ivres de leurs certitudes et de leur infaillibilité, inconséquents dans leur choix et insouciants dans leur comportements, ont conduit Vaulx-en-Velin dans une impasse ». On trouve également la dernière tribune de MediaVaulx qui a trouvé une nouvelle plume et attaque de la même façon la reconduction de la présidente du Conseil de Quartier du Mas qui serait tout à la fois le symbole de l’ouverture d’esprit de la nouvelle majorité, capable de ne pas rejeter les personnes de l’ancien régime et en même temps le signe d’un conservatisme scandaleux. C’est d’ailleurs ce même site qui attaque la tribune de l’adjoint au Personnel pour lui rappeler qu’il a voté dans le mandat précédent quasiment tous les dossiers que l’ancienne majorité a présenté et, pis encore, que l’ancien « régime » qu’il dénonce est celui qui fut aussi porté par les anciens adjoints socialistes dont Hélène Geoffroy et Armand Menzikian furent d’importants adjoints.

Ainsi, la frontière que semble vouloir dessiner quelques-uns entre ancien et nouveau régime, voulant sans doute prendre la posture de révolutionnaires en herbe, est plutôt difficile à tenir, tant il existe et a existé des porosités importantes entre l’ancienne et la nouvelle équipe.

Revenons donc sur le débat de fond qui doit l’emporter dans ces situations. La première est de savoir si il y a eu un « ancien » régime, en quoi a-t-il consisté et en quoi les personnes de la nouvelle équipe propose une véritable rupture ou s’inscrive dans la continuité avec l’équipe précédente.

Prenons d’abord la question des pratiques d’une majorité vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas leur opinion. C’est une approche intéressante puisqu’elle permet de repérer voire de dévoiler des pratiques de type « claniques » ou « sectaires » visant à écarter ou à traiter particulièrement les personnes ne partageant pas la même opinion. Commençons par l’ancienne équipe, celle-ci a-t-elle eu ce type de pratiques ? Bien qu’il soit difficile de répondre de façon exhaustive à cette question, il y a probablement des contre-exemples, mais notons tout de même que des associations telles que l’EPI,  la MJC, certains centres sociaux ou clubs sportifs dont il était de notoriété publique que leurs dirigeants étaient proche de l’équipe Geoffroy n’ont, à ma connaissance, pas été victimes d’attaques particulières. Ils ont reçu des subventions comme les autres, et même certaines ont bénéficié de cette subvention dite structurelle sur lequel il y aurait eu beaucoup à dire. Et si certaines voix ont pu réclamer des mesures « sectaires », Bernard Genin, pas plus que Maurice Charrier ne les ont suivi. Il est encore bien trop tôt pour savoir ce que seront les pratiques de la nouvelle majorité mais il est effectivement à espérer qu’elle conserve cette logique. De ce point de vue, l’attaque de MédiaVaulx à la présidente du Conseil de Quartier, les attaques répétées contre la présidente de l’école de la deuxième chance, Marie-France Vieux Marcaud, qui la pousse aujourd’hui à démissionner, contre le président du club d’athlétisme qui a démissionné, les mises au placard nombreuses de la rédactrice en chef de Vaulx le Journal, de deux secrétaires généraux adjoint et quelques chefs de service ou bien encore les coups de pouce très « généreux » à l’EPI ou au club de l’Olympique Vaulx ne sont pas des signes très encourageants.

Rappelons quand même que la démocratie, ce n’est pas la loi du plus fort, fut-t-il majoritaire, qui compte mais c’est aussi le droit et le respect des minorités. Lorsque je lis les « Vaudais ont congédié » l’ancienne équipe, je me dis que certains oublient que les « Vaudais » sont composites et ont exprimé des points de vue différents. La nouvelle majorité n’a ainsi récolté que 200 voix de plus que la précédente majorité, et aucun des deux régimes ne peut se prévaloir d’avoir eu une majorité absolue. Cela signifie qu’il est essentiel pour la majorité en place de ne pas mépriser les 60% de Vaudais qui n’ont pas voté pour elle, et je ne compte bien évidemment pas les abstentionnistes. Si la constitution de « clans » ou de « partis » est inévitable pendant les périodes électorales, le rôle d’un exécutif, quel qu’il soit, est de comprendre que sa responsabilité n’est plus d’être le chef d’un clan mais de tous les Vaudaises et les Vaudais. Cela commence donc par refuser tout mépris vis-à-vis de ses prédécesseurs en les appelant « l’ancien régime » ou bien encore tout faire pour s’assurer que l’opposition soit respectée, celle-ci ne siégeant plus au Conseil Municipal.

Venons-en aux autres pratiques souvent évoquées. Il est beaucoup question des voitures de fonction des anciens élus, symbole de « l’ancien régime » selon l’adjoint au personnel. C’est une question qui mérite un vrai débat non pas juridique, puisque il n’y a pas de problème juridique mais politique. Les adjoints ont-ils besoin d’une voiture de fonction et la fin du système des voitures est-elle une bonne chose. A mon avis, c’est une très bonne chose d’avoir arrêté le système et je pense que nous aurions dû le faire plus tôt (cela fait partis des erreurs). Est-ce que cela permet d’établir une véritable distinction entre « ancien régime » et « nouveau régime » ? Là je serai plus nuancé. En effet, le débat a déjà eu lieu à 2 reprises sous « l’ancien régime ». La première fois, c’est en 2001. J’étais alors élu nouvel adjoint au Maire et j’avais porté le débat au sein du groupe socialiste en mettant en avant que cela ne se pratiquait pas dans les autres villes. A l’époque, j’avais été non seulement isolé face aux 3 adjoints socialistes de l’époque dont la Maire actuelle mais aussi de l’ensemble du groupe. Refusant de prendre cette voiture pendant tout le mandat pour exprimer ma contestation, le groupe a décidé de l’attribuer à une élue déléguée qui est aujourd’hui adjointe dans la nouvelle équipe. J’ai donc été le seul adjoint de 2001 à 2008 à ne pas avoir une voiture de fonction pour motif « politique » sans que cela n’intéresse qui que ce soit. Je n’en tire ici aucune gloire d’autant plus qu’en 2009, lorsque je suis redevenu adjoint, considérant que je n’avais pas les moyens de gagner ce combat après avoir prêché dans le désert pendant 7 ans et j’ai aussi pris une voiture uniquement pour mes besoins d’adjoint. Aurai-je du faire autrement ? Peut-être. Je ne dis pas que j’ai pris la bonne décision en 2001 ou en 2009 mais juste que les responsables du nouveau régime ont eu les mêmes pratiques. La deuxième fois que ce sujet a été abordé c’est lorsque nous avons rencontré Bernard Genin en 2014 pour élaborer le programme, l’abandon des voitures de fonction faisait partis des revendications que nous avions et de ce point de vue, la Maire de l’époque avait la même position. Il ne s’agit ici de donner de leçon à personne mais de montrer que la porosité entre « l’ancien » et le « nouveau » régime est bien grande et qu’il est quelque peu simpliste de vouloir donner des leçons de morale.

Venons-en à la question des recrutements. C’est une question qui mérite d’être abordée puisque le nouvel adjoint au personnel évoque l’existence de favoritisme et de clientélisme. Il reste difficile d’avoir une vue d’ensemble, je ne peux qu’une fois encore, donner que quelques exemples. J’ai assisté à plusieurs commissions de recrutement. A chaque fois, la commission de recrutement était composée d’un élu généralement, l’adjoint concerné, d’un ou deux secrétaires généraux, d’un représentant de la DRH, un représentant du service des sports et un représentant du syndicat. Autrement dit, l’élu que j’étais était largement minoritaire dans la commission et j’ai toujours tenu à respecter le choix collectif de la commission. L’essentiel étant de recruter sur la base de compétence pour le service public, nous faisions un vote qui permettait de déterminer un ordre. C’était la pratique courante de « l’ancien régime » que j’ai connu et que je trouve plutôt transparente et positive. Je ne dis pas qu’elle s’est faite partout et tout le temps mais que c’était plutôt la politique de l’adjoint au personnel de déléguer le fonctionnement à l’adjoint de secteur et de s’appuyer sur les services. Et aujourd’hui ? Tous les retours que l’on a, mais cela reste des bruits donc je reste prudent pour l’instant, c’est que les commissions de recrutement ne se passent plus tout à fait de cette façon-là, les élus décidant seuls du classement. De plus, il semble que les 4 premiers chargés de mission recrutés par la nouvelle équipe ont pour principal « compétence » commune d’avoir leur carte au Parti Socialiste et que l’on compte beaucoup de recrutements qui semblent d’avantage le prix à payer des promesses de campagne que des compétences au service de l’intérêt général. Je laisse beaucoup de guillemet car il reste à vérifier….mais je ne doute pas que chacun vérifiera.

Quoi qu’il en soit, un peu d’humilité dans la façon d’aborder le passé permettrait de ne pas sombrer dans l’ivresse des certitudes du pouvoir au présent. Il vaut mieux ainsi proposer des pratiques qui permettent d’assurer concrètement de la transparence dans les recrutements que de lancer des invectives. A suivre donc…..

En promouvant l’inexcusable, Mme Geoffroy a-t-elle perdu le sens des valeurs républicaines ?

Il y a 3 jours, j’écrivais sur ce blog un texte intitulé « en excusant inexcusable, Mme Geoffroy provoque le départ de l’opposition du Conseil Municipal » qui permettait de rappeler que Mme la député-Maire, en refusant de sanctionner son adjoint au Maire ayant tenu des propos antisémites, faisait fi de cette phrase du président de la commission des conflits du PS qui, après avoir étudié le dossier déclarait « on ne peut excuser l’inexcusable » et prononçait son exclusion du PS. En faisant cela, Mme la Député-Maire allait à l’encontre de la condamnation politique unanime qui va de l’UMP au Front de Gauche en passant par le PS et commençait à laisser le doute planer sur sa lucidité politique et son sens des valeurs. Ajoutons que, pour lever toute ambiguïté, Mme la Maire tout comme son adjoint, ont reconnu les propos et leur caractère inadmissible. Il n’y a donc, comme je le rappelais, aucune contestation sur les faits ce qui aurait pu rendre compréhensible la position qu’elle défend en déclarant, comme le rappelle le Progrès, « « Des plaintes ont été déposées, nous attendrons de voir ce qu’il en sortira. Nous ne sommes pas des juges ». Tout comme l’affaire Thevenoud, la question première n’a rien de juridique, elle est, lorsque l’acte est unanimement reconnue, morale et politique. Le jugement politique, définir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, est au coeur de l’activité d’un Député et d’un Maire. On peut même dire que les vrais députés n’attendent pas le jugement des lois, ils font évoluer les lois pour que ceux-ci s’adaptent aux condamnations morales nécessaires au vivre ensemble.

Mais ce que j’avais écris sur mon blog, c’était avant de découvrir que Mme la Maire, non content de ne pas sanctionner son adjoint au Maire, décide de le promouvoir. Elle vient en effet de rendre public un arrêté qui indique que M. Chekhab vient non seulement de retrouver sa délégation aux sports qu’il avait pourtant volontairement abandonnée il y a 3 mois comme symbole de la sincérité de ses excuses mais qu’en plus il voit ses missions élargies à la vie associative et à la culture. Dans son arrêté, elle indique ainsi qu’il a dorénavant les délégations suivantes:

– « Citoyenneté et vivre ensemble »….Evidemment, si cela n’était pas dramatique cela pourrait prêter à sourire. L’individu qui a reconnu avoir tenu des propos racistes brisant le vivre ensemble et qui, de surcroît refuse de rendre l’écharpe qu’il a souillée en signe de reconnaissance de son erreur, va dorénavant pouvoir se rendre dans les écoles pour dire aux enfants ce qu’est la citoyenneté et le vivre ensemble.

– « Animations et  manifestations sportives, culturelles et associatives » et « activités sportives, culturelle et associatives ». Cela signifie que toutes les activités et animations sportives, culturelles et associatives sont sous la responsabilité de cet adjoint. C’est ces deux intitulés qui indiquent que non seulement l’individu récupère la gestion du secteur sportif (fait exclusivement « d’activités et d’animations ») mais qu’en plus il se retrouve à gérer toutes les activités culturelles et associatives. Après avoir prouvé sa capacité à gérer le sport, en faisant démissionner deux présidents d’OMS et un président d’un club d’athlétisme, M. Chekhab voit son secteur élargit à tout le secteur associatif de la ville. Le tissu associatif Vaudais est un des plus riches et des plus importants de notre ville et le voilà dorénavant en danger. Sans oublier le secteur culturel, (l’adjointe à la Culture appréciera puisqu’elle se fait déposséder d’une très large partie de sa délégation, car l’essentiel, y compris l’activité théâtrale ou scientifique, sont des « activités »).

– « Promotion de la citoyenneté et du vivre ensemble dans la culture , la vie associative et les sports de haut niveau ». Simple redite des points précédents au cas où le lecteur n’aurait pas compris….

Mme Geoffroy fait donc de M. Chekhab le nouvel adjoint aux sports, à la vie associative, à la culture et à la citoyenneté. Elle ne se contente pas de refuser de le sanctionner, elle lui propose de devenir l’un des adjoints majeurs de son exécutif, celui avec la plus importante délégation.

Mais qu’a donc fait M. Chekhab pour mériter une telle promotion en 3 mois ? Car il y a 3 mois, avant d’avoir commis ses propos, il n’a jamais été question d’une telle promotion. Ce n’est donc pas ses actes en tant qu’adjoint aux sports qui lui ont valu cette promotion. Ce n’est pas non plus ses activités depuis 3 mois, puisque depuis 3 mois, il n’a plus aucune délégation, tout en continuant à toucher son indemnité, ce qui est illégal et scandaleux, et n’est pas vraiment un bel exemple de citoyenneté. Il ne reste donc plus que le fait d’avoir tenu des propos antisémites et d’avoir produit des excuses comme évènement marquant.  C’est donc pour cela qu’il est promu ? Mme Geoffroy considère-t-elle donc que ces propos racistes méritent promotion ? En tout cas, par son acte de promotion, ce n’est pas seulement l’individu qu’elle promeut, c' »est aussi l’acte raciste (rappelons que personne ne conteste qu’il ait bien eu lieu), véritable incitation à faire de même…Quel beau symbole….

Mais pourquoi Mme Geoffroy a-t-elle promu son adjoint ? Si l’on écarte la thèse de la folie ou de la stupidité, il nous reste deux thèses : celle de l’Irresponsabilité de la part d’une député-Maire qui, embourbée dans l’engrenage de son soutien à l’individu, en vient à perdre le sens des valeurs républicaines ? C’est le phénomène classique de l’engrenage: Devant son évidente erreur, une personne préfère s’enfoncer dans l’erreur plutôt que de reconnaître s’être trompée quitte à se jeter dans le vide…….Le cas Cahuzac en est une belle illustration…..A moins, autre hypothèse, que ce soit la facture de sa victoire aux élections qu’elle paye, avec des promesses, des pressions ou de la peur, qui enlèvent toute liberté à la Maire pour servir l’intérêt général, un scénario qui peut faire penser à Bobigny.

Dans un cas comme dans l’autre, la Ville est en danger et il est temps qu’une réaction  républicaine de tous les partis politiques se fassent entendre.

2014-10-11 17.51.27

En excusant l’inexcusable, Mme Geoffroy provoque le départ des élus d’opposition de droite comme de gauche

Ce jeudi 9 octobre, les élus de l’UMP, du Front de Gauche, d’UVI et d’AGV ont quitté la salle du Conseil Municipal en signe de désapprobation vis-à-vis de la décision de Mme Geoffroy, député-Maire PS, de maintenir M. Chekhab adjoint au Maire, malgré les propos racistes et antisémites qu’il a tenus.

Pourquoi un tel départ du Conseil porté par un arc républicain d’élus qui d’habitude, sur la plupart des dossiers, ont l’habitude de ne pas être d’accord entre eux ? Tout simplement, parce que l’attitude de Mme Geoffroy choque les Républicains que nous sommes bien au-delà de nos divergences politiques ou partisanes.

En effet, alors qu’il est dorénavant admis par tous, y compris par l’intéressé, que l’adjoint au Maire aux sports, dans l’exercice de ses fonctions a proféré des propos antisémites, propos illégaux qui donnent lieu à une procédure judiciaire, la question qui se pose est de savoir si les mots d’excuse proférés publiquement par M. Chekhab sont suffisants ou si l’élu en question mérite une sanction, non seulement judiciaire, là c’est le tribunal qui tranchera, mais politique, par la démission de son poste d’adjoint.

C’est en tout cas l’avis non seulement des élus de l’UMP et de l’opposition de gauche mais aussi du Parti Socialiste qui a considéré que, malgré ses excuses, l’individu devait être sanctionné et a prononcé son exclusion pour 6 mois. Le Président de la Commission des conflits, Jean-Louis Touraine, a ainsi déclaré à la presse « « C’est indubitable et ce n’est pas excusable. Cela va à l’encontre des valeurs du Parti socialiste, le PS refuse toute forme de discriminations ».

Si, pour le Parti Socialiste, ce n’est pas excusable car cela va à l’encontre des valeurs du PS, si Pour le Parti Socialiste, la sanction est obligatoire, pourquoi pour la Député-Maire pourtant socialiste, ces propos sont à l’inverse excusables ? Pourquoi déclare-t-elle que des excuses suffisent ? Ne considèrent-elle pas que les valeurs dont parle M. Touraine doivent être placées au-dessus de tout calcul politicien qui veut que l’on protège les siens, ce qui vous ont soutenu pendant la campagne ?

Car si les propos de M. Chekhab sont, selon Mme Geoffroy, excusables, s’ils n’appellent aucune sanction, alors est-ce aussi valable pour tous les propos racistes ou antisémites prononcés par les uns ou par les autres ? Est-ce aussi acceptable pour les propos racistes que prononcent tous les élus, y compris ceux du FN ? Est-ce aussi valable pour tous ceux qui, dans la rue ou ailleurs, profèrent des insultes à caractère raciste ou antisémite ?

On peut même étendre la question car ce qui vaut pour des propos racistes peut aussi valoir pour d’autres types de propos tout aussi scandaleux et délictueux que feraient des élus ? Est-ce valable pour M. Thevenoud, par exemple,  qui a juste « oublié » de payer ses impôts et s’en est excusé ? Ou pour un certain Ministre des finances qui a juste « oublié » de déclarer son compte en suisse et s’est aussi excusé de l’avoir caché ?

Quand j’entends un responsable du FN, M. Philippot, utilisé sur BFM TV cet été l’absence de sanction dans l’affaire Chekhab pour justifier certains dérapages dans son parti, je me dis que quelque chose ne tourne plus très rond dans cette enceinte du Conseil Municipal de Vaulx en Velin, que les valeurs républicaines, celles auxquelles nous sommes attachées, sont aujourd’hui mises en danger par l’irresponsabilité de Mme la Député-Maire.

La question n’est plus M. Chekhab, dorénavant, dont le cas sera réglé par la justice, la question est désormais politique et met en cause directement Mme Geoffroy qui a décidé d’excuser l’inexcusable en le conservant comme adjoint au Maire et même de lui confier la délégation de la lutte contre les discriminations…… Espérons que les autres élus finiront pas se réveiller….

Pauvre Vaulx en Velin qui n’avait vraiment pas mérité cela.

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