Encore le racisme à l’ordre du jour du Conseil Municipal de Vaulx, la consistance des mots pour cacher l’inconsistance des actes….

Le prochain Conseil Municipal se tiendra le jeudi 29 octobre et une fois encore, les oppositions de droite comme de gauche ne siègeront pas. Contrairement, à ce que j’ai pu lire ici ou là, il ne s’agit nullement pour notre groupe d’une position d’attente d’une décision de justice qui mène ses procédures à un rythme qui lui est propre, position d’attente qui est plutôt celle de la Maire qui préfère attendre que la justice établisse son verdict pour savoir si une sanction politique doit être prononcée. Si nous n’attendons pas la décision de justice, c’est que, dans le cas qui nous intéresse, il n’y a aucune contestation sur les faits eux-mêmes, ce que la justice aurait pu être amenée à éclairer dans des cas de litiges justifiant une attente. La justice ne doit ainsi se prononcer ici non sur les faits mais pour savoir si ceux-ci méritent une sanction juridique. De la même façon, les élus doivent se positionner sur les faits et décidés par eux-mêmes si ceux-ci méritent ou non une sanction politique. Cette distinction se comprend aisément lorsque l’on reprend le débat sur le cas Thevenoud par exemple pour lequel il y a une claire distinction entre sanction juridique, rien de ce qu’il a fait dans ce cas est illégale, et politique, ce qu’il a fait nuit à une  éthique de la politique et son départ du gouvernement est essentiel. Ce qu’attendent les élus de la Maire, c’est une sanction politique et c’est cela qui attise leur colère aujourd’hui.

Dans le cas qui nous intéresse, nous regrettons non seulement l’absence de sanction politique mais en plus la surenchère permanente que fait Mme la Maire et la fuite en avant qu’elle conduit. Au dernier Conseil Municipal, nous nous sommes offusqués qu’après la sanction disciplinaire donnée par le PS, qui a permis de construire un arc républicain de contestation, elle n’ait encore une fois pas réagit et a laissé à M. Chekhab son statut d’adjoint même sans délégation. Aujourd’hui, nous n’assisterons pas au Conseil car nous nous offusquons que cette fois-ci, Mme la Maire a non seulement décidé de promouvoir son adjoint en lui redonnant le sport et en élargissant son champ de compétences mais en plus, elle a décidé de provoquer encore un peu plus en présentant un plan de lutte contre le racisme alors même qu’elle a été incapable de gérer avec droiture une situation pourtant simple et pour lequel n’importe quel Maire aurait réagi avec fermeté.

Comment venir dans un conseil où il faut encore une fois débattre d’un sujet aussi grave mais traité pourtant avec tant d’inconsistance par Madame la Maire ? Comment débattre sérieusement d’un plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme qui sonne si faux dans le contexte de l’affaire Chekhab que cela en frôle le ridicule ? Ce plan représente une inconsistante manœuvre politique qui ne trompe personne pour tenter de se disculper d’un acte raciste que Madame la Maire a refusé de sanctionner.

Un Plan, cela ne doit ainsi jamais être que des mots qui font jolis et font plaisirs uniquement à ceux qui les prononcent mais qui ne se traduisent jamais en acte.  Prenons un exemple. Il est écrit dans ce plan « En matière de discriminations racistes ou de faits racistes ou antisémites, il faut accompagner les victimes au-delà des procédures judiciaires. (…) Là encore, la proximité constitue un atout essentiel pour que chaque victime puisse obtenir réparation, (…) avec toutes les formes de réparation symbolique ». Oui, mais voilà, Madame la Maire a refusé d’accompagner la victime au-delà de la procédure judiciaire et d’accorder la moindre  réparation fut ce-t-elle symbolique. Plutôt que d’accompagner la victime en sanctionnant l’agresseur, elle a préféré accompagné l’agresseur en lui accordant une belle promotion.

Les axes de travail comme Les X conventions signées ne sont d’ailleurs rien d’autre qu’un ensemble d’intentions sans grand intérêt. Elles sont souvent bâclées, avec quelques copier-coller grossiers, et se traduisent rarement par des actions concrètes. Manifestement, la quantité a semblé plus importante que la qualité. Elles ne développent ni analyse en profondeur du problème, ni ne proposent de solutions qui cherchent à traiter réellement une question aussi délicate. Pour tous ceux qui douteraient du côté artificiel de ce plan, intéressons-nous un instant à sa première action concrète déjà réalisée. L’exemple me semble particulièrement parlant et significatif, bien plus que quelques bouts de papier signés. Sur sa page Facebook, M. Chekhab, nouvel adjoint en charge de la lutte contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme a mis la photo d’une exposition qui se déroule dans un centre social. On y voit une jeune fille et en arrière fond un tableau avec une inscription « Les Arabes sont des sémites. Ils sont victimes de l’antisémitisme ». Bien sûr, si l’erreur ne peut être reproché à cette jeune fille, on aurait probablement dû attendre de M. l’adjoint qu’avant de mettre cette photo, symbole pourtant de la nouvelle page de l’histoire qu’il veut écrire, qu’il lui suggère de prendre un dictionnaire pour lire la définition du terme « Antisémitisme » dont il est aujourd’hui pourtant accusé. Dans le petit Robert, par exemple, ils auraient pu lire ensemble cette définition « Racisme dirigé contre les Juifs ». En Français, le terme « antisémitisme » ne s’adresse pas à l’ensemble des peuples « sémites » pas plus qu’antiaméricanisme ne s’applique d’ailleurs à l’ensemble des peuples du continent américain mais seulement à certains d’entre eux. Ce terme a d’ailleurs une histoire surprenante qu’il est intéressant de connaître et de comprendre pour mieux en saisir les spécificités mais aussi les tensions. L’erreur en soit peut paraître anecdotique et souvent faite, sauf qu’elle pose un problème de fond qui est pourtant au cœur de la question de ce plan qui a suivi un acte antisémite, la mise à l’écart de la question du racisme qui s’applique aux juifs et l’absence de réelle prise de conscience du problème de l’ex-futur adjoint aux sports qui préfère se positionner en victime qu’en coupable demandant réparation.

Je ne dis pas, et mon expérience à Vaulx me prouve le contraire, qu’à Vaulx l’antisémitisme est fort. C’est d’ailleurs une forte divergence de vue que j’ai avec la LICRA convaincue que cette ville est un repère d’antisémitisme. Depuis 20 ans que je suis dans cette ville, que je m’expose en tant que personnalité politique, que je vais dans les clubs, dans les écoles, dans les collèges, je n’ai été victime que deux fois d’insultes antisémites, et c’est tant mieux car je crois sincèrement que la très grande majorité des Vaudais sont des personnes ouvertes d’esprit et loin de l’image que l’on véhicule trop souvent sur eux. Pour autant, je note que ces deux fois sont relativement proches et récentes et qu’il faut redoubler de vigilance car les choses peuvent changer.

Mettre en place un véritable plan de lutte contre le racisme sous toutes ces formes est donc absolument essentiel. Mais à condition d’abord de réfléchir à ce que les termes signifient et aux actions concrètes que l’on peut conduire pour l’endiguer. Ce plan est d’autant plus indispensable que trop de Vaudais sont victimes de racisme et que cela a des conséquences à la fois dans la fragilisation du lien social que cela peut susciter mais aussi dans toute les formes de discrimination que cela peut impliquer à commencer par la discrimination à l’embauche.

Bien évidemment, le problème n’est pas nouveau à Vaulx et des actions ont déjà été conduites. J’ai moi-même conduit un plan de lutte contre le racisme dans le sport dès 2001, au moment de ma prise de fonction, qui s’est traduit par plusieurs actions concrètes. Marie-Georges Buffet alors Ministre des sports était venu à Vaulx et un recensement des faits constatés lui avait été remis. Une lettre ouverte a été rédigée avec les clubs que j’ai envoyée à toutes les fédérations sportives dont voici un extrait : « « Les arbitres doivent arrêter de fermer les oreilles lorsque des propos racistes sont tenus par des joueurs ou par des spectateurs » ; « Il faut que ce type d’acte puisse être consigné dans les réserves après un match et pris en compte par les arbitres et les fédérations comme ils le font pour des actes de violence physique. » ; « nos clubs ne doivent plus être catalogués « à risque », et sous prétexte qu’ils viennent de banlieue, les fédérations ne doivent pas former des poules enfermant ces clubs entre eux ».  « Les arbitres agissent immédiatement au moindre acte de violence physique, et ils ont raison, mais ils ne doivent pas oublier que les mots sont également des armes dangereuses et doivent aussi être condamnés lorsqu’ils sont racistes. » .  Plusieurs autres actions avaient été réalisées d’une part afin de libérer la parole des victimes (des jeunes avaient faits par exemple une série de sketch au gala des sportifs pour raconter ce qui leur était arrivé) et de réagir immédiatement à toute parole raciste à partir d’un système d’alerte et une demande de sanction.

L’insulte raciste est un acte violent et doit être condamnée immédiatement comme tous les actes violents. Nous étions au moins tous d’accord sur un point, la sanction doit être forte et immédiate. C’est le premier levier de lutte contre le racisme, sanctionner tout propos raciste (sans avoir à attendre la justice). Ces actions ont eu des effets positifs sans pour autant faire disparaître le problème. Les sanctions ont largement contribué à faire diminuer ce type d’actes.

On en revient donc toujours au point de départ. Dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la sanction de l’acte raciste est essentielle pour montrer que notre société à des règles à ne pas transgresser. Une fois l’interdit posé, on peut entrer dans un travail plus pédagogique sur la compréhension de ces règles et leur appropriation. C’est une vision politique très différente de celle de Mme la Maire. En refusant de sanctionner un élu, Mme Geoffroy donne  le sentiment non seulement que la sanction est inutile mais aussi que les élus ont une impunité plus forte que les citoyens. Il s’agit là d’une posture aux conséquences désastreuses.

Quant à savoir quand nous reviendrons au Conseil Municipal, reprendre notre légitime place d’opposant, c’est un débat qui aura lieu avant chaque Conseil au sein de chaque groupe et qui n’a pas de lien, pour notre groupe, avec l’attente d’une sanction juridique.

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