Chronique d’un désastre annoncé. Ep.1: l’inégalité inacceptable des activités périscolaires

La mise en place des activités péri-scolaires suite à la réforme des rythmes scolaires a constitué la première et principale mesure à laquelle la nouvelle majorité a dû s’attaquer. Bien évidemment, juger la première année de mise en place aurait été peu à propos tant le temps dévolu à l’équipe en place était restreint. C’est donc la deuxième rentrée qui constitue le véritable témoignage de la compétence de l’équipe en place sur un sujet qu’elle a en plus considéré comme une « priorité absolue pour tout le mandat ».

Si nous sommes loin de pouvoir présenter un bilan global, un constat semble s’imposer en cette rentrée: les activités proposées aux enfants du primaire ne sont pas les mêmes si l’on est dans une école du village ou si l’on est dans une école dans un quartier plus populaire.

Pour illustrer notre propos, prenons pour exemple deux écoles de la commune. L’une est sur le quartier de l’Ecoin Thibaude, un quartier populaire de la ville, avec un taux élevé de logements sociaux, plus de 60%. L’autre au village, un quartier où le taux de logements sociaux est beaucoup  plus faible, l’un des plus faibles de la ville.

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Dans la première école,  chaque jour, on trouve une douzaine d’activités, avec une palette très large. On peut ainsi proposer à son enfant de faire du théâtre, de la danse, de l’anglais, du basket, de l’informatique. Chaque jour, le choix est vaste. Et chaque parent peut trouver une activité qui permette à son enfant de découvrir une activité enrichissante.

Dans la seconde, on trouve 4 à 6 activités maximales, soit moitié moins, avec une faible diversité. C’est ainsi que l’on trouve beaucoup de « jeux » (jeux de ballons, jeux collectifs, etc.) qui sont surtout des activités développées dans la cour de récréation et qui sont surtout des « occupations ». Heureusement, il y a des activités « culturelles » mais au cours de la présentation faite aux parents, ces activités culturelles n’étaient en fait rien d’autre que  « des mots croisés » et des « mots fléchés »….Heureusement, il y a du judo, du tennis et l’apprentissage d’une langue, l’arabe. C’est concentré sur 2 jours avec un nombre de places très limité. Quelle différence….

Pourquoi une telle différence ? Une telle différence a-t-elle une justification ? C’est une question que nous avons posée à la référente. La réponse est simple, elle ne trouve pas d’animateurs. Mais alors pourquoi à Grand Clément on trouve des animateurs et pas ailleurs ? Et pourquoi surtout la Mairie n’effectue aucun partage. La réalité, c’est que les référents sont isolés, livrés à eux-même, sans véritable mutualisation et partage….La réalité, c’est que le système n’est pas pensé, organisé, structuré pour s’assurer que l’on puisse proposer des activités d’une même qualité quelque soit son quartier d’appartenance.

La réalité, c’est que si la qualité des propositions dans chaque école dépend de l’expérience, des réseaux et de la qualité du référent, l’inégalité de qualité de l’offre est le résultat d’une incompétence de l’équipe municipale à construire une cohérence et une équité entre les écoles, entre les offres, entre les référents.

Proposer ainsi des activités inégales suivant le quartier, c’est favoriser les stratégies d’évasion scolaire, de départ vers le privé, de trucage des cartes…Car en effet, pourquoi vouloir que son enfant n’ait que peu d’activités et ne pas tout faire pour avoir le droit à une palette large qui favorise son éveil et son émancipation.

Tout au contraire, la fierté d’une municipalité de gauche aurait été de s’assurer de proposer l’excellence dans toutes les écoles de Vaulx en Velin avec un effort encore plus important pour les quartiers où l’échec scolaire est plus important……

Voilà le premier chantier de cette nouvelle équipe, mais aussi son échec…..