Chronique d’un désastre annoncé, épisode 3….La gestion déplorable de la question des ATSEM

photo Conseil Mun carton rouge

Au cours du dernier conseil municipal, Mme la Député-Maire n’a cessé de répéter, « Je veux être claire », « il faut être sérieux », « je suis très sérieuse » (comme si les autres ne l’étaient pas !!!),  « voici les chiffres », « ils sont indiscutables même si leur interprétation peut varier »…Huée par une foule de parents et d’enseignants, elle est restée imperturbable, déroulant sa démonstration pour expliquer à quel point tout allait bien dans le meilleur des mondes. Qu’importent les manifestations de parents…Qu’importent les protestations, la situation en chiffre doit permettre à chacun de redevenir « sérieux » (mot répété au moins 10 fois), c’est-à-dire de ne plus se plaindre devant un l’effort que daigne faire Mme la Maire …….Tel le célèbre refrain de la chanson, on entend raisonner un « Tout va très bien Mme la Marquise », qu’importe si la maison est en train de brûler…

Mais revenons un peu sur cette présentation des chiffres pour comprendre pourquoi un tel décalage existe entre les chiffres exposés par Mme la Maire et la situation vécue par les parents et les personnels sur le terrain. Mme la Maire annonce fièrement que le nombre d’ATSEM est, cette année, de 124, c’est-à-dire que non seulement il n’a pas bougé mais qu’il est même en progression par rapport à l’année précédente où il était de 119. En cette période de récession, la Mairie fait des efforts, que chacun se le dise……

Mais pourquoi devant un tel effort réaffirmé, les parents et les enseignants sont si mécontents. Il faut en fait dire que l’on montre bien les chiffres que l’on veut ou du moins ceux qui arrangent….Ce chiffre de 124 en cache un autre, qui révèle une réalité différente. Il faut en effet distinguer le nombre de postes « officiels » et le nombre de postes de personnes  « en situation effective » à temps plein.

Reprenons le débat. Le nombre de postes d’ATSEM est équivalent au nombre de classes en école maternelle. Il y avait 119 classes maternelles en 2014 pour 119 postes d’ATSEM. Il y a 124 classes en 2015 pour 124 postes d’ATSEM. Cela fait un ratio d’1 ATSEM par classe qui définit le nombre de personnel. Le compte est facile et l’augmentation, loin d’être un effort supplémentaire, est d’abord la continuité du ratio dans une situation de croissance des effectifs scolaires.

Evidemment, toute personne quelque peu avertit sur la question des ressources humaines sait, dans le privé comme dans le public, qu’il est impossible de compter sur la présence de 100% des agents tous les jours de l’année. Entre les arrêts maladies, les gardes pour enfant malade, mais aussi les congés plus longs (longue maladie, congès maternité, etc.), il existe forcément un taux d’absence qui peut avoisiner les 5 à 10% suivant les périodes de l’année. Autrement dit, pour avoir une présence effective d’1 ATSEM par classe tous les jours de la période scolaire, il faut compter non seulement embaucher des personnes en CDD pour les remplacements de longue durée mais aussi pour les remplacements courts (ce qui inclut aussi le temps de latence pour effectuer des recrutements de CDD), d’un volant de remplaçants pouvant représenter jusqu’à 10% des postes, soit 12 postes.

La municipalité précédente avait fait le choix de faire appel à une entreprise d’insertion pour assurer les remplacements de courte durée. La Maire a décidé d’interrompre ce système, comme elle l’explique au Conseil Municipal. Ce choix est en soit tout à fait compréhensible (il ne s’agit pas de tout critiquer) puisqu’effectivement un personnel plus formé est nécessaire dans ses situations. J’avais moi-même fait un choix relativement similaire pour la gestion des gardiens de gymnase.

Mais la réalité, c’est que ce choix a un coût. Il suppose d’embaucher en fixe une équipe de « volants » supplémentaires pour assurer les remplacements à tout moment. Autrement dit, le problème ne vient pas du choix de ne plus utiliser le remplacement par une entreprise d’insertion mais de ne pas en avoir anticipé les conséquences et surtout le coût de ce choix : il provoque soit la diminution du nombre effectif d’ATSEM par classe soit oblige au recrutement d’un certain nombre de « volants ». C’est évidemment la première solution pour laquelle la Maire a opté, ce qui permet de comprendre la situation dans laquelle se trouvent les écoles.

Il est intéressant de noter que Mme la Maire, toujours emplie de certitudes, critique au cours du Conseil Municipal l’opposition qui n’aurait pas voté le budget à cause de l’augmentation du personnel. Non seulement, ce n’est pas le seul élément qui explique le rejet du budget de la part de l’opposition de gauche mais ce n’est pas la création de 5 postes d’ATSEM qui a provoqué l’augmentation des 3 millions d’euros supplémentaires du budget de personnel mais plutôt l’augmentation du nombre de chargés de mission recrutés pour pallier la mise au placard des chefs de service (voir ep. 2 et budget), ce que l’opposition a dénoncé. La mauvaise foi de Mme la Maire est, comme toujours, édifiant, elle aurait mieux fait de recruter moins de chargés de mission et d’avantage d’ATSEM, cela aurait suscité le soutien de l’opposition.

Voilà pourquoi la situation est à ce point détériorée dans les écoles et, si les recrutements se multiplient en ce moment, pour rattraper le retard, on peut une fois encore, y voir le signe d’une incompétence manifeste à gérer le personnel……d’autant plus que les nombreux CDD d’un mois signés en ce moment ne sont pas prêt de résoudre le problème….

Evidemment, si la maire avait conservé ces directeurs de service au lieu de destabiliser tout le système, ces derniers les auraient peut-être conseillés et évité ce genre d’erreurs de débutant aux conséquences dramatiques pour nos écoles…..

 

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